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Se faire détruire par la punition et l’infantilisation

Les promesses non tenues sont une forme de punition, et les manipulateurs vicieux sont passés maîtres dans l’art de les formuler. Les promesses du type Je vais changer!

Les promesses non tenues sont une forme de punition, et les manipulateurs vicieux sont passés maîtres dans l’art de les formuler. Les promesses du type Je vais changer! Je ne recommencerai plus… ou encore l’évocation d’une activité dont vous avez envie, d’un voyage, de l’achat d’un objet qui vous tient à cœur ou de n’importe quoi d’autre qui pourrait vous rendre heureuse deviennent des monnaies d’échange afin de vous faire obéir.

Comme si cela n’était pas suffisant, ces êtres malsains trouvent le moyen de faire naître en vous la culpabilité et les remords. Coupable de n’avoir pas obéi, de n’avoir pas été à la hauteur de ses attentes, coupable d’être une mauvaise fille, et j’en passe. Dans ce processus de destruction, un des mots le plus à craindre est certainement celui de deux lettres : SI…      «Si tu ne m’avais pas provoqué, je n’aurais pas agi comme ça… Si tu ne changes pas de vêtements, tu restes ici… Si tu n’es pas gentille, tu ne viendras pas en voyage… Si tu en parles, ça ira mal…» Le fameux «si tu» est l’indicateur indéniable que vous sortirez, quoi que vous fassiez, perdante d’une manigance initiée par le manipulateur.

La punition représente des dangers sans précédent, car elle :

  • mine lentement mais sûrement votre confiance en vous;
  • vous diminue;
  • ravage la relation amoureuse ou professionnelle;
  • vide votre énergie par la tension qu’elle crée;
  • nourrit la culpabilité inutile dans une vie;
  • dévaste votre personnalité;
  • vous rend dépendante du manipulateur;
  • détruit votre crédibilité auprès des autres;
  • anéantit votre capacité décisionnelle;
  • vous infantilise.

Le résultat de la punition, en plus de détruire, vous infantilise. Qu’il s’agisse d’une relation amoureuse, professionnelle, familiale ou amicale, la punition n’a qu’un objectif : prendre le contrôle sur vous en créant, entre autres dommages, de la culpabilité qui gruge votre estime personnelle. De cette façon, vous vivez de la frustration et un sentiment profond d’injustice, car la punition crée un déséquilibre dans le rapport de force, tout comme l’intimidation et le harcèlement. Cet acte vous ramène à votre jeunesse avec vos parents, quand la désobéissance n’était pas de mise. D’ailleurs, encore aujourd’hui, bien des parents âgés utilisent toujours cette technique de «punition» auprès de leurs enfants devenus parents à leur tour.

La punition n’est pas toujours facile à détecter, car elle emprunte plusieurs formes. Plus le manipulateur aura affiné ses techniques, moins bien vous percevrez la conséquence négative appliquée après une soi-disant désobéissance de votre part. Il est important d’observer la récurrence de ces événements et d’établir des liens entre les paroles et les actes du manipulateur. Il peut s’agir :

  • de silences dévastateurs;
  • d’un non-retour d’appel qui crée de l’inquiétude;
  • d’une conversation menée avec un ton cassant;
  • de regards qui discréditent;
  • de la privation d’une activité qui vous tient à cœur;
  • d’une privation financière;
  • d’une obligation sexuelle;
  • de gestes de vengeance à l’endroit des enfants;
  • de violence physique;
  • du non-respect d’une promesse.

Si vous avez l’impression d’être considérée comme une enfant, de vivre de l’humiliation, de reconnaître les comportements d’un parent envers son enfant qui a désobéi, c’est que vous vivez dans une relation malsaine, dont la dynamique repose sur le contrôle créé, entre autres choses, par la punition.

Les débuts de ma relation avec un manipulateur pervers narcissique m’ont charmée par l’immense attention que ce dernier me portait. Les nombreuses promesses telles que l’achat d’un appartement en France, des voyages autant que j’en voudrais, l’achat de biens matériels luxueux, la découverte d’expériences inexplorées pour moi à ce jour, sans oublier la bague à diamant… promesse d’un futur mariage. La lune de miel dura une année, jusqu’à ce que, sans aucune raison, la princesse que j’étais à ses yeux se transforme en crapaud galeux.

 Plus je perdais confiance en moi, plus il m’ignorait dans certaines situations, tandis qu’à d’autres moments, il déversait sa colère et sa frustration sur moi par des insinuations, des commentaires qui m’abaissaient ou des rires moqueurs. Avec le temps, j’avais appris à taire mes états d’âme, car les exprimer se retournait contre moi tôt ou tard. Les départs en voyage étaient teintés de menaces du genre : «Si tu n’es pas gentille, je ne t’amènerai plus en voyage!» Le jour où j’ai parlé de sa promesse de mariage, j’ai reçu pour toute réponse : «Tu n’es pas assez gentille, tu es même folle, je ne peux pas te marier!»

 Six mois plus tard, je l’ai quitté pour la dernière fois et j’ai remercié ma petite voix de m’avoir guidée vers la finale de cette emprise.

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