Lorsque l’épreuve transforme

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Vive les réseaux sociaux, la télé, le cellulaire, la lecture, la musique et l’art en général en cette période de privation sociale! Malgré la gravité de la situation, il y a heureusement des blagues qui circulent pour tenter de dédramatiser ce qui se présente à nous comme étant un défi de taille que certains craignent ne pouvoir traverser, et pour cause. Il n’est pas simple d’accepter de nous faire rogner les ailes, de nous faire dicter nos actions, nos comportements, alors que nous sommes des êtres libres, croyons-nous! Pourtant, la vraie liberté restera toujours à l’intérieur de soi.

Confiné, mais libre de penser

Être confiné n’est certainement pas un choix que l’humain fait de manière spontanée, car personne n’aime se sentir coincé, seul, reclus, à l’écart d’une vie active et stimulante. Sauf que la vie active n’existe plus à l’extérieur de notre domicile. Notre façon de vivre doit changer si nous voulons traverser la pandémie.

Que reste-t-il de notre liberté lorsque nous nous retrouvons confinés? Soit on broie du noir en écoutant les nouvelles en boucle et en imaginant le pire, soit on surfe sur la vague et on développe une nouvelle attitude plus constructive en sachant que la vraie liberté réside dans sa manière d’embrasser l’événement, le chaos.

À nous de tirer le meilleur de cet arrêt social et d’utiliser ce temps si précieux pour faire tout ce qui nous attire depuis l’enfance, tout ce que nous avons repoussé par manque de temps.

Les passions : raisons de vivre

Avec le cyberespace, tout est possible. Des cours de musique, de peinture, du téléchargement de documentaires, des discussions en ligne avec des amis de partout au monde, rien ne peut arrêter notre désir de nous adonner à une activité qui nous intéresse.

Il ne s’agit pas ici de passer le temps – car on finit par s’en lasser –, mais bien de nous créer une nouvelle vie, de nouvelles activités en nous rebranchant à nos passions, nos talents enfouis sous un quotidien lourd. Au fil des ans, les passions se sont effritées sous la force du courant de la vie et des obligations.

Une passion, c’est une activité qui occupe non seulement notre temps, mais comble notre être complet. Ni la faim, ni la soif, ni l’heure, ni le jour n’a d’importance. Nous perdons complètement la notion du temps et de l’espace. En plus d’alléger le poids des soucis, notre passion pour le beau, la création, le plaisir de même que la joie intrinsèque liée à notre talent nous transportent. Nous sommes alignés avec notre être pur lorsque nous ne souffrons plus des éléments extérieurs.

De l’extérieur vers l’intérieur

Ce n’est pas un hasard si l’extérieur nous est interdit. Nous devons en effet retrouver notre équilibre, et ce dernier se trouve seulement et uniquement en chacun de nous. Vous avez vu cette blague circuler sur les différents réseaux sociaux? « Si tu ne peux aller à l’extérieur, va à l’intérieur de toi! » C’est exactement le but du confinement. Évidemment, la révolte, l’agressivité ou la désobéissance s’offrent comme tant d’options faciles pour certains inconscients, mais l’objectif ultime est certainement de développer notre pleine conscience.

C’est d’ailleurs ce que rappelle Frédéric Lenoir par le thème d’une de ses conférences, Passer de l’inconscience à la conscience. Facile à dire, difficile à faire, c’est vrai. Mais rien n’est impossible. Parmi les nombreux chemins qui s’offrent à nous en cet épisode d’isolement général, le meilleur choix demeure l’envie de pousser notre conscience individuelle à un niveau supérieur. Tout le monde ne part pas du même endroit, mais élever un tantinet sa conscience à travers la solitude et le calme permettra à chacun d’apprendre à mieux vivre avec soi-même.

Aimer autrement

Selon Boris Cyrulnik, spécialiste de la résilience, entre autres titres, cette période n’est pas une crise, mais bien une pandémie, car elle modifiera le comportement des humains. Il ne s’agit pas d’un arrêt commun de tout, mais bien d’un changement dans notre mode de vie. Il est à parier que nous deviendrons plus conscients de notre apport individuel dans la société si nous faisons le point sur notre vie jusqu’à ce jour. Ce confinement nous invite à vivre avec nous-mêmes, nous offre la possibilité de nous découvrir pour nous aimer. Ce n’est que lorsque nous connaîtrons notre valeur réelle que nous pourrons vraiment aimer notre prochain. S’aimer soi-même n’est pas du narcissisme, c’est l’unique façon d'arriver à aimer les humains et la planète.

J’ai vu la France s’éteindre sous mes yeux avant mon retour au pays, pendant que le Québec mettait en place des mesures préventives afin de diminuer la propagation du virus. Voir un pays aussi immense que la France se fermer derrière moi a exacerbé ma prise de conscience quant à la gravité de l’événement. Trouver des responsables à la pandémie ne changera rien à notre réalité.

À peine les bagages déposés chez moi, j’ai pris un bain chaud et je suis allée au lit. Dès 5h le lendemain, les implications réelles du confinement m’interpellaient, et je savais dès lors que cette période ne serait pas difficile pour moi. J’ai vécu le vrai confinement l’automne dernier alors que deux bactéries ont enflammé le majeur de ma main droite. J’ai été alitée durant un mois et demi avec, au creux du bras, un cathéter que je devais faire changer de bras tous les cinq jours. Trois mois de prise d’antibiotiques, une perte de poids significative, de la difficulté à marcher, une faiblesse extrême et la perte d’autonomie.

Aujourd’hui, le fait d’être en santé, de pouvoir me déplacer aisément dans ma maison, de pouvoir respirer l’air pur me rend heureuse malgré ce qui semble une absence de liberté. Je comprends la nécessité d’être confinée et je la respecte, mais je n’en suis pas affectée.

RESTEZ À LA MAISON !

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